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                                                                                           Young conservatives of Slovakia
Dimanche 7 septembre 2008 7 07 /09 /2008 23:36

  Mon essai a obtenu le 2ème prix. Le nom de la Slovaquie fut mentionné à plusieurs reprises. La presse en parlait le lendemain.

...et mon coeur a éprouvé un étourdissement...

 

 

 

      Un jour pluvieux, je rentre de la faculté et que vois-je affiché au mur? Une annonce des associations situées à Reims. Un concours allait être lancé...destiné uniquement à des étrangers...que trois lauréats...je me sentais comme Jean-Jacques Rousseau allant voir son ami incarcéré, Diderot, et tombant sur une annonce de l´Académie de Dijon lançant un concours sur l'origine de l'inégalité : "Discours sur les Sciences et les arts".

 

      Deux associations (l´Association pour l´Accueil des Etudiants Etrangers à Reims (AAER) et l´Association de Défense de la langue de Champagne-Ardenne) organisent tous les ans un concours sur  « A la découverte de la France et des Français en racontant les impressions et les rencontres qui vous ont le plus marquées au cours de votre séjour ».

 

      Deux pages furent demandées pour aborder plusieurs aspects. Mon essai dudit concours contenait une dizaine de pages. Maints philosophes, écrivains et journalistes ont sélectionné 3 essais dont celui qui vous est proposé s´est vu décerner le 2ème prix, après un essai d´une Italienne et devant celui d´un Syrien.

                  

 

A la découverte de la France et des Français en racontant les impressions et les rencontres qui vous ont le plus marquées au cours de votre séjour

 

 

2ème prix, lauréat Ľubomír JANČOK, Université de Reims Champagne-Ardene, Faculté de Droit, Sciences politiques et relations internationales

 

 

   De l´autodérision à la française, de la dissertation, des esprits récalcitrants par la question de mérites dans l´éducation nationale jusqu´à la léthargie estudiantine...

(Mai 2007, Reims) Petite Slovaquie étudiante rémunérée à Reims ... avec Italie et Syrie.


 

       Avant de passer à mes impressions et observations, me permettrai-je de saluer sincèrement l´idée d´organiser ce concours. J´y vois un augure pertinent et important: l´invitation de l´âme étrangère de partager ses impressions. Cela ne fait que montrer l´intérêt que les organisateurs et la France en général attachent à l´intégration dûment accompagnée et à l´accueil digne.

                    

       Au fil du temps, je n´ai jamais eu l´occasion de rester en France pendant plus de trois mois. Pour cette fois, avec la bourse militée et obtenue du gouvernement français à qui je viens de dédicacer mon mémoire, j´ai l´unique opportunité de passer toute l´année académique en France, dans la ville des Sacres, sur la terre de  Saint-Rémi. Aussi n´écrirai-je que sur ce séjour et les circonstances et événements ayant eu lieu du septembre 2006 au mai 2007. 


Organisation et accueil à la remoise: l´équivalent de la beauté et grandeur de la cathédrale

                                                         

       Accuelli à la gare lors de mon arrivée, dirigé vers l´équipe souriante, serviable et      
aimable qu´a été celle du Crous constituent mes deux premières impressions. La bonté propre à l´équipe du Crous (plusieurs personnes dès mon arrivées) est restée inébranlable tout au long du séjour. Au lieu de dire que les choses sont difficiles, ce qui est toujours le plus simple, j´ai apprécié leur ouverture à tout genre "d´obstacle" et la volonté intacte d´aider.  Les demarches administratives d´une lourdeur pareille étaient à suivre au sein de mon master. Notre secrétaire est éblouissante et sa cordialité fait que souvent les demarches longues sont devenues une simple affaire. Il est intéressant de noter l´avis des étudiants rémois qui me disent qu´elle fait partie de la minorité des secrétaires avec un tel comportement. Cela, n´ayant pas d´autres expériences, je le laisse juger et jauger aux autres. Il n´en reste pas moins que "mon" administration a réussi pour la deuxième fois.

 

      Une autre organisation dont le déroulement n´était plus facile à comprendre pour moi fut l´accueil des étudiants étrangers à la Mairie, l´accueil précédé par la visite de ville. Suivie donc par l´accueil à la Mairie, somptueusement riche en restes architecturaux, joliment entretenue n´a pu que saisir mes impressions. Plus de 100 participants, tous chaleuresement et avec humour accueillis par l´adjoint au Maire. Tout cela n´a pas fait l´objet de mon indignation. Celle-ci s´est plutôt traduite par la découverte du choix vestimentaire des participants, étrangers autant que français. En effet, dans la société slovaque, dès mon enfance et à mes connaissances cela fait des décennies, on s´habille conformement aux événements. Le théâtre, l´opéra, l´église, les cocktails, toute autre forme de représentation font l´objet des règles le plus souvent  non dites nous "obligeant" à mettre un pantalon, une cravate éventuellement, bref un costume (hommes) et une jupe et un veste au moins pour les femmes. J´ai découvert que les Français(es) ne distinguent pas beaucoup. Les étudiant(e)s venu(e)s en baskets, jeans et autres vêtements propres plutôt au sport que pour l´accueil dans un bâtiment historique, décoré de  l´escalier très beau et des miroirs, ne voient pas la différence entre le stade de Reims et la Mairie et l´argument de decontraction n´est pas acceptable pour moi. Malheureusement, un tel phénomène dont les raisons sociologiques j´offre à l´interprétation, était présent au théâtre, à la messe et même à l´opéra (Reims ainsi que la Comédie française de Paris).

 

De la démocratie participative par les esprits récalcitrants jusqu´à la léthargie de certains étudiants

 

                    
       La France, pays le plus visité au monde, pays d´accueil et pays de concours offre aux étudiants maintes possibilités de s´épanouir. Nonobstant les avis eronnés de certains étudiants du coin, je trouve que la ville de Reims est la terre qui ne manque pas de possibilités.

 

     Ainsi j´ai participé aux événements de caractère différent: les colloques à la faculté,  dans les bibliothèques, les pratiques du sport, ainsi de suite. La liste de ce qu´on peut faire serait très longue.

 

      Je déplore un peu la myopie des étudiants niant ces faits. De nombreuses associations, encore plus nombreuses affiches collées un peu partout les invitent à la participation.  Celle-ci, prônée par Tocqueville il y a environ 200 ans, est bien présente. Les citoyens sont convoqués pour aller choisir la tête de tramway. Choisir si elle sera oblique ou ronde et quelques semaines plus tard, ils choisisseront sa couleur.  

 

      La Rue de Talleyrand est devenue un vaste chantier et à la bibliothèque de Cathédrale je ne veux pas croire à mes yeux : on vous propose de voter une d´un éventail de plantes que vous souhaiteriez voir dans la rue susdite. A vous de choisir par le biais d´un appareil électronique. Débats d´idées, citoyens impliqués, bref, cette démocratie participative est un point fort de l´Hexagone. Le taux de participation au premier tour des élections présidentielle récemment  organisées ne fait que confirmer cette thèse!

     Pourtant m´arrivait-t-il d´entendre "Les rémois bougent peu. Les étudiants de la faculté devraient faire plus".  Une telle premisse m´a fait rire.  Par rapport aux Pays de l´Europe centrale et orientale, la vie associative a ici une longue tradition et se trouve dans une étape supérieure. Dans mon pays qu´est la Slovaquie, il y a peu d´associations dans les facultés, voire il n´y en a pas cependant on a beacoup de matières à suivre et même pas le temps de le passer dans les bibliothèques. Ici, deux trois fois moins de cours, plus de temps pour s´épuiser intellectuelement à la BU.

 

      Ce qui m´attriste et me dépasse en quelque sorte, c´est la déonthologie du travail de certains étudiants et le système d´évaluation dans toute sa compléxité tout en tenant compte du fait que le rythme ne doit pas être pareil qu´au sein d´une grande école où on est sélectionné sur un concours.

 

      Il n´en reste pas moins que les moyens matériels n´y font pas défaut. Un professeur est pourvu d´une volonté nécessaire pour maintenir un bon niveau, susciter l´intérêt. Il n´insulte pas, ne menace pas par des punitions et fait lui-même des photocopies. Chez moi, il y a encore aujourd´hui deux scénarios possibles: soit un étudiant prépare un dossier, la photocopie est payée de sa poche et il les distribue, soit le professeur lui-même prépare un dossier qu´il apporte et nous laisse un seul exemplaire en disant : « débrouillez-vous ! Les professeurs d´ici les ont préparés, photocopiés et distribués.  Un travail excelllent, souvent 30 pages pour chacun.  Où est le hic? Tous les étudiants de l´Europe centrale et orientale ont lu, analysé tandis quelques étudiants héxagonaux , en proie au bien-être et une sorte de léthargie, ne se donnent même pas la peine de lire.  

 

      Les dirigeants de notre Master font venir des experts de Bruxelles, des Peco (Pays de l´Europe centrale et orientale) bref, des personnalités intéressantes. Les étudiants de la faculté n´y vont pas. Est-ce à cause de l´âme française beacoup plus récalcitrante dont ne dispose peut-être aucune autre nation? C´est un phénomène que j´offre à l´interprétation.

   

Pas de mérites, l´examen final décide

 

       Concernant le système d´évaluation, j´observe avec attention et curiosité qu´un étudiant ayant peu travaillé pendant le semestre peut obtenir une très bonne note finale. Celui ou celle qui n´a jamais posé une question au cours, ne s´y est jamais préparé ou, encore pire, qui n´y a même pas participé devance celui ou celle qui s´est efforcé tout au long du semestre. Ce qui compte le plus, c´est l´examen final. Comme si on ne voyait un étudiant qu´une seule fois. Il est vrai qu´il existe des TD (travaux dirigés, ndlr) mais l´examen final est sacré. A mes connaissances, c´est pareil avec le bac. Un branleur peut obtenir des résultats bien meilleurs qu´une demoiselle ayant bossé pendant trois ans. Dans ma culture éducative en Slovaquie, une telle tactique d´évaluation est étrange. L´étudiant est évalué en fonction de son travail tout au long du semestre ainsi que sur l´examen final qui ne représente pas souvent la pierre angulaire de l´évaluation.

 

Dissertation française: Réflechissez, proposez, soyez inventifs!

 

       Par contre, ce qui est formidable, c´est qu´on lance souvent des sujets flous et incite un étudiant à créer, à être inventif et non encyclopédique comme chez nous. On lance un sujet en vous précisant que vous disposerez de quatre heures. Formidable! A vous de vous épanouir intellectuelement. Dans votre dissertation, vous pouvez proposer de refaire le monde. Pas de question clé avec une réponse clé. Une fois le nouveau monde édifié, vous n´avez qu´à attendre votre note. Une fois la note donnée, vous n´avez qu´à vous assujetir. "Consultation oui, négiociation non", disait un prof à mon ami slovaque.

 

      L´idée de donner la chance à un étudiant de s´épanouir en quatre heure me plaît beaucoup cependant les copies ne sont pas rendues, ou au moins ce n´est pas l´habitude  et, vous ne savez pas ce qui lui a plu et ce qu´il a fustigé.


 L´art de l´autodérision

       La critique n´épargne personne. Ni soi-même. Selon ce que j´ai vu, l´esprit français se moque de tout. La France n´a probablement pas de concurrence au monde en ce qui concerne la fréquence d´autodérision. Critiquer les autres est facile cependant critiquer soi-même n´est plus évident. L´esprit critique est parfaitement développé dans le pays de Marianne et des insinuations pertinentes ou intempestives sur un peu de tout font partie de la vie quotidienne des Français.  Cela donc constitue une grande richesse de la nation.

 

Souvenir forts, contribution collective

 

       Quelles que soient des indignations, des découvertes agréables et positives, des observations qu´on loue ou que l´on critique, toujours est-il que c´est à travers de ces expériences riches en diversité qu´on apprend à comprendre avant de juger, balayer des préjugés, accepter autrui, lui venir en aide, lui demander son aide et se former humainement, quelles que soient nos origines, nos croyances et nos convictions. Les associations, la ville, l´Université, les Rémois et les Rémoises ont contribué de façon significative à ces fins utiles.  Avec mon effort  et avec votre participation, vos bonté et professionalisme à la fois, nous pouvons parler de la contribution collective à cet enrichissement incontestable. Je vous en serai toujours reconnaissant.

       Ce séjour académique me procure une expérience indéniable.  Il érige un monument de souvenirs, un monde de durabilité renforcant ces capacités de compréhension mutuelle, d´enrichissement intellectuel et personnel. Ces souvenirs risquent de ne pas s´estomper, de rester fort présents, aussi forts que la pierre de la cathédrale rémoise au fil des siècles.  

 

 

Je vous remercie.

 

Je sousigné Lubomir JANCOK atteste qu´aucune intervention linguistique de l´extérieur n´a été faite sur cet essai.

 

 

 

 

 

 

 

Par Lubomir JANCOK
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