Jeunes conservateurs
de la Slovaquie
Adieu la couronne slovaque. Bonjour l´euro!
Sur la médiocrité des discours en Europe centrale, les capacités rhétoriques des
hommes d´État ou apprenons de Sarkozy
Nous étions plusieurs à nous être mis, hier soir, devant les écrans pour regarder en direct un gala de Bratislava dans le cadre des adieux à la couronne slovaque en présence des chefs d´États et de l´UE dont le président de la Commission européenne, Barosso, le président de la République tchèque tenant les rênes de l´UE, le président de la BCE, Jean-Claude Trichet. S´y sont rajoutés maints autres présidents et premiers ministres.
Forts en langues, pris pour bosseurs, ainsi sont conçus les Slovaques à l´étranger où ils s´imposent en ramassant divers panégyriques. Là, un observateur attentif a été amené à remarquer que ces louanges sont relatifs uniquement aux étudiants ou jeunes cadres dynamiques. Il s´est bien agi d´une affaire d´envergure européenne sous l´oeil mondial où l´anglais et le français sont les seuls à être acceptables.
„On est chez nous, on a le droit de nous exprimer en notre langue", m´infligerait un fonctionnaire mécontent. „Même à Strasbourg, je m´exprime en ma langue maternelle", ajouterait-il. Oui, aussi. Cependant nous savons que le renomée de l´auteur diminue suivant la nécessité de l´auditeur de se munir des casques. L´auteur s´éloigne sérieusement de sa cible. Une foi éloignée, la dernière bougie de la tarte est sauvée par l´interprète. Celle-ci voile complétement la médiocrité linguistique de l´auteur.
Et croyez-moi, souvent même l´orateur-auteur serait pris au dépourvu en s´écoutant en version interprétée. Offrons-nous un exemple: Strasbourg 2007 lors de mon stage dans le cabinet pour les Affaires Étrangères. Le président serbe, Boris Tadič nous rend visite et s´exprime en anglais. „It will be difficult", fut sa phrase souvent répétée. L´interprète pour le français a lancé: „cela sera difficile". Quelques minutes plus tard, le président reprend sur un autre sujet : „it´s difficult". L´interprète lance: „c´est une lourde problématique". Le temps passe et on entend: „it will be difficult". L´interprète: „c´est une question d´ampleur importante".
N´est-ce pas joli? Ne me dites pas qu´une telle inteprétation ne vous envoûte pas? Je me serais épanoui si je n´avais pas suivi le discours en deux langues nonobstant mon anglais n´étant pas de haut niveau. Mais bon. Notre président s´est exprimé en slovaque...attention! Personne ne peut dire que la raison cardinale en était son amour pour la langue de Štúr (Ľudovít Štúr-codificateur de la seconde version de langue slovaque-1843, homme politique, linguiste, journaliste, citoyen engagé). Il est difficile de l´avouer, nous le constatons avec peine: la raison en était la méconnaissance des deux langues utilisées sur l´échiquier diplomatique et politique.
Protocole: entamer son discours par „chers citoyens" tout en disant pour les nombreux précieux invités „chers invités" m´a dépassé. Les épouses de nos ministres installées aux premiers rangs - lors d´un tel évenement à caractère européen malgré les traits de gala, leurs places sont ailleurs. Les premiers rangs sont à occuper par les invités ainsi que par les hommes d´État de mon pays. Les affaires familiales ont ici la moindre importance.
Et la rhétorique? En dépit du respect à l´égard des fonctions des représentants, cela fait longtemps que je n´ai pas vu un homme d´État (notre premier ministre) parler sur un tapis rouge pendant une quinzaine de minutes, penché vers le micro, sans pupitre, crispé. Voie monotone, aucune infléxion à sa parole, de longues phrases dépourvue de toute variété sonore vous plongeant dans l´oubli de ce qui a été dit au début et vous laissant (et lassant) dans un brouillard des vagues catégories des mots flous. Que la question du contenu soit décortiquée par les autres.
Accomplir toutes ces attentes est un travail titanesque, personne n´en doute. Mais tant qu´ils nous représentent, soyons exigeants sur eux!
Le président Sarkozy est un orfèvre en cette matière. On se pose une question comment il fait? Perfection de haut niveau : il parle aux abbateurs d´arbres sans documents, sur le sujet sans oublier des chiffres; il aborde plusieurs points différents au Parlement européen s´étendant jusqu´à une heure. Tout cela sans lire son texte! En Bulgarie, il regarde son texte pour dire qu´il faut le mettre de côté et parler franchement...et il lance un discours électrisant aux étudiants. Et croyez-moi, son discours accomplit complétement les rigoureux critères de la dissertation française et il est à la fois pourvu d´esprit dont les traces s´incrustent dans les cerveaux des auditeurs.
Comme disait Jacques Gandouin (artisan du nouveau protocole de la République, l´a instauré en 1989), expert avéré pour les manières et la distinction : „un discours doit être comme une minijupe : suffisamment court pour retenir l´attention et suffisamment long pour couvrir le sujet.
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