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                                                                                           Young conservatives of Slovakia
Dimanche 15 février 2009
Le colbertisme, est-il toujours présent dans l´Hexagone? Corollaire et impact de l´intervention télévisée de Nicolas Sarkozy sur les pays de l´Europe centrale et orientale? Le café de Jacques Barrot et la position des démocrates consérvateurs de La Slovaquie (KDS).

          Traditionnellement fort sur le plan rhétorique et non verbal, Sarkozy a effectué à la télé (jeudi 5 février) une performance éblouissante. Remarquable sur la forme, interéssant sur le contenu.
On voit bien qu´il a été né pour ne pas regarder la télé  mais pour y apparaître, respectivement, il a tout fait pour apprendre. Le contenu de son discours a causé chez nous, en Slovaquie, une vague de critiques. Ladite critique fut plus intense en Europe centrale ou, si vous voulez, « à l´Est » , que dans le pays de Marianne. N´en soyons pas pris au dépourvus !

          France 5 a réagi en réunissant les cerveaux de maints domaines pour décrypter le message du président et notamment sa faisabilité. Cédons la parole à l´économiste Christian Saint-Etienne :

"j´ai vécu 6 ans en Angleterre, j´a des diplômes d´universités anglaise et américaine, j´en suis très heureux, j´ai beaucoup appris. Il y a une chose qui m´a fasciné. C´est leur capacité à tenir des discours parfaitement construits qui sont à destination et que souvent les autres mettent en oeuvre alors qu´ils font l´inverse".

          Qu´il me soit permis de penser que Sarkozy a adressé ses mots à ses concitoyens afin de calmer leurs esprits inquiets. Par ce discours, il a renouvelé le souvenir de Colbert interventionniste.  Je l´ai "rencontré" à Reims, dans le parc. Il est né dans cette ville des sacrements, La France lui a érigé une statue. J´y ai pensé à ses manufactures qu´il a faites construire et à des injections financières accordées, au testament de Mazarin lui ayant permis d´être plus près de Louis XIV.

                                   Colbert, qu´en dirait-il aujourd´hui? 

          Joli débat mais quel prix à payer pour nous, de l´Europe centrale? La République tchèque, nous en Slovaquie ainsi que d´autres pays de „l´Est" sommes à nouveau ou encore perçus comme „ennemis" pour avoir volé le travail. Nonobstant de tels propos colbertistes prononcés, aucun des experts ayant parlé à la télé ne voit la relocalisation réelle. Le cas contraire, cela serait le comportement pathologique et le suicide économique. Investir dans les nouvelles technologies et dans les nouveaux modèles de voiture, ça, oui ! Et c´est à ces fins que l´injection financière de l´ordre de plus de 6 milliards d´euros doit servir.


Impôts et Sarkozy

"Vous devez lui montrer votre force et il vous respectera!"

          Oui, nous écoutons les politiques français qu´il est impossible de faire face à l´environnement concurentiel des pays de „l´est" en raison de leurs impôts plus qu´avantageux. Aussi, le combat pour l´harmonisation fiscale serait mené dans les arcanes et couloirs, comme l´évoque d´ailleurs avec pertinence le président du parti KDS (Démocrates conservateurs de La Slovaquie), Vladimír Palko. Est-il possible d´y arriver? A nouveau Saint-Etienne:

"nous sommes les seuls avec une naiveté phénomènale. Il faut le dire aux Français, sur 27 pays membres, vous avez la majorité des gens qui sont pour le modèle de la concurence fiscale et sociale. Les Allemands, ç´a été très peu dit, ont rejoint le modèle de la concurence sociale et fiscale en baissant en 2007 l´IS". Il nous manque un gouvernement économique de l´Europe avec une harmonisation fiscale et sociale mais c´est contraire à la nature de la construction européenne, donc on l´obtiendra jamais! (...). On va avoir une crise en Europe parce qu´ il va falloir faire éclater ces constradictions. On ne peut pas continuer d´avoir une cosntradiction fondamentale entre des politiques nationalistes et la concurrence fiscale (...). Il faut avoir des conditions sociales et fiscales coordonnées".

En rajoutant qu´il aurait fallu agir comme Sarkozy agit aujourd´hui avec ces plus de 6 milliards (c´est un prêts et non un chèque) il y a 20 ans.

Un café à payer par mois

          Quand je parle à mes amis français, maints d´entre eux ont ce sentiment que j´appelle „barrotisme". En effet, lorsque j´ai présidé en France l´association des étudiants spécialistes de l´Europe centrale et orientale, on m´a invité à Epernay pour des débats européens avec le commissaire européen, Jacques Barrot et d´autres hommes politiques d´Europe. Monsieur Barrot a expliqué le phénomène des sacrifices du citoyen français : „La réunification de l´EÚ a coûté l´équivalent d´un café par mois au citoyen français. A ce prix-là, les nouveaux états membres connaissent le taux de croissance de l´ordre de 5%". Les circonstances actuelles ouvrent la porte au sentiment que nous sommes sur le point de devancer les pays de l´Ouest subissant les dettes, étant en proie aux crises diverses, pensant que le travail est parti „à l´Est" alors que nous ne le considérons pas comme un rattrapage mais comme un rapprochement au niveau de vie des pays de l´Ouest.

           KDS a demandé au gouvernement slovaque dont le premier ministre d´éviter avec Sarkozy les bonmots en matière des questions liées aux impôts directs. Ils lui (au premier ministre slovaque) rappellent le défi reposant sur la loi constitutionnelle proposée par KDS pour la souveraineté fiscale.

Et d´ailleurs, c´est une bonne proposition car Sarkozy n´est pas pour les discussions de salon. L´ancien directeur du cabinet du premier minister Villepin, Bruno Le Maire (aujourd´hui secrétaire d´État aux Affaires européennes) écrit dans son livre Les hommes d´État les mots d´un proche de Nicolas Sarkozy: „Vous savez, le Premier ministre devrait avoir une discussion franche avec Nicolas Sarkozy. Pas une discussion de salon, surtout pas(...). Nicolas, je le connais sur le bout des doigts, c´est un pitch-bull. (l´auter rajoute qu´il confond la race canine avec les règle du golf). Il ne connaît que le rapport de force. Il ne lâche jamais. Alors il faut lui montrer qu´on est fort et, il vous respecte. Sinon, basta!" (dit le 12 mai 2006, parru dans le livre Des hommes d´État, Éditions Grasset and Fasquelle, 2007, p. 320).



Par Lubomir JANCOK
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