La révolution conservatrice des Slovaques à Versailles
L´avis des centaines de touristes slovaques ayant visité le château de Versailles au cours des deux dernières années est une preuve d´une normalité toujours assiégeant l´âme slovaque. Nonobstant ce fait, les astuces et nouveaux obstructions de quelques groupes de minorités religieuse, sexuelle ou artistique leur apporte un brin de confusion les envoyant directement en défensive. Ne comprennent-ils pas ce monde ? Sont-ils archaïques ? Trop conservateurs sans réflexion réelle sur la modernité ? Ne voient-il que le surface de l´océan sans avoir accès à son fond ? Que le plongeur y parviendra! Assez de metaphores, avançons.Petit rappel interculturel : conservateur en Slovaquie ou en Pologne veut dire chrétien et le comportement y étant approprié).
Château de Versailles est gérée par l´Etat français, nombreux sont ceux qui pensent de suite au Roi Soleil. Son règne, long de 72 ans, a marqué le pays de façons culturelle, politique et réligieuse et ce même sur le plan international. Arbres bien coupés et symétriques – apothéose de la symétrie; style du meuble; centralisation du pouvoir afin d´avoir tout le monde à ses yeux; apothéose du théâtre, de la musique, de la galanterie et de la beauté; tout simplement, le Roi Soleil. Maints films le tournent en ridicule, cependant si l´on soumet sa personne à la précieuse analyse émanant de divers documents, on s´aperçoit qu´il était plus intelligent que la moitié des hommes puissants de ce monde. Enfin, en cotoyant les milieux chrétien, conservateur, aristocratique et monarchique, je remarque que Louix XIV. et Saint Louis représentent les héros les plus influents et sages de l´histoire de France. Jamais la France n´était aussi chrétienne que sous le Roi Soleil.
Le premier est Murakami dans la Galerie des Glaces, le second est Koons avec sa Langouste. Source : faire des photos fut interdite, encore me suis-je servi des sources médiathiquse ayant pour objectif d´informer.
Aujourd´hui, en arrivant au château, vous tomberez dans la chambre du roi, sans le vouloir, sur les objets gonflants de Jeffe Koons ou bien les jouets du Japonais Murakami. Chaque année, quelqu´un d´autre. L´art moderne ou contemporain, si l´on veut. Un monde supérieur qu´un homme ordinnaire "ne peut pas comprendre“. Ou bien il y comprend bien ? Jeff Koons est une célébrité mondiale, très cher dans son métier, cet Américain dont l´ex-épouse fut la fameuse actrice du porno, Illona Anna Staller (mariés en 1991, divorcés au bout de 2 ans), dite également Cicciolina. D´origine hongroise, elle a guigné le mandat de député dans un département de Budapest, faute d´avoir obtenu peu de signatures, elle ne s´est pas présentée. A part cela, elle a également tenté la Mairie de la ville de Milan. Elle s´est fait remarquer par son combat pour la paix sur la terre. Comment ? Afin d´apaiser la situation au Proche orient, la promotion canapée a suivi à l´adresse de Sadham Hussein. Que ne feriez-vous pas pour la paix? Murakami, lui, donne l´impression d´être charismatique comme un maître d´une discipline de combat asiatique. Koons a exposé les objefs gonflants, Murakami nous présente cette année les jouets-personnes sourriants. Les visiteurs sont indignés. J´intérroge les Allemands, Américains, Roumains, Canadies. La majorité des opinions négatives s´imposent.
Victoire de l´esprit sain ou de l´extrême droite ?
Les Slovaques ? La révolution conservatrice et la victoire de l´esprit sain.
Au cours des 2 dernières années, j´y a accompagné environ mes 500 compatriotes. 99% d´entre eux ont été exaspéré par cette exposition et ils ne les ont pas aimées. Pardon : cela semble beaucoup trop. Disons 75%! Mais là, je ments! Et en mots de František Mikloško (dissident pendant le communisme en Slovaquie, 3ème aux Présidentielles à deux reprises), “la vérité libère et l´emportera toujours“, j´en reviens sur 99%. Peut-être que deux personnes m´ont favorablement répondu et cela en raison de leur travail dans des ateliers de l´art contemporain en Allemagne et aux Pays-Bas. Les Slovaques, ce peuple de l´Europe centrale, ce petit pays au grand coeur, des enfants par les étudiants jusqu´aux personnes âgées, ont refuté l´incrustation des éléments modernes dans la culture des valeurs confirmées et jamais démenties.
Conflit! Ils se sentent à la merde (pardon pour le mot, je préfère le langage soutenu). „Monsieur Jančok, excusez-moi, je viens envers vous avec ma petite âme“, murmure un client de Sabinov (ville en Slovaquie) à côté du Sacre de Napoleón de David du 19ème siècle et observant un petit jouet de l´an 2009. "Je n´ai aucun attrait pour ce genre mais je n´ose pas le dire à haute voix car je n´y comprends probablement rien“, ajoute-t-il sans mettre son indignation en indulgence. “No photo, exposition privée“, s´excrie sur ma cliente un employé veillant à l´ordre. “Mon Dieu, qui prendrait en photo cela? Je souhaite prendre des photos du plafond et cet objet gonflé m´y empêche“. “C´est l´insulte de l´histoire de la France“, lance avec courage une autre compatriote de Prešov (autre ville de la Slovaquie). "Monsieur Jančok, ils n´ont pas eu le temps de rammaser tout cela en raison d´une fête des petits?", m´a demandé sans pudeur une élève de 12 ans de Košice (2ème ville). “Non, Versailles a dû payer pour cela la moitié de son budget“, ai-je ajouté.
Mon questionnaire adressé à ces environ 500 personnes me servent de rebond. Tout le monde participe vu les prix intéressants que je propose (fromages français, produits touristiques). La première place des souvenirs les plus négatifs? L´exposition de l´art moderne à Versailles. Nombreux sont ceux qui n´accusent pas le fait que cet art existe mais le fait que “quelqu´un“ l´introduit dans ces jolis lieux.
Pour quelle raison, pour quelle raison ?
Chante un groupe de musique slovaque, No Name. Et la même question m´est adressée. Un ami, commissaire aux expositions, je lui donne la parole. Lui, il m´invite de temps en temps aux expositions des talents qu´il avait sélectionnés. Galeries et expositions à Cannes, Bratislava, Vienne, Monaco, j´y suis allée. Y ai remarqué ce petit monde de la minorité grande, plutôt riche, dont les objets exposés méritent le regard, la contemplation et je m´arrête là. Normal qu´ils soient au Beaubourg, mais comment ça fonctionne que certains parviennent à pénétrer dans les lieux visités par des millions de touristes? “Tu sais, Ľubomír, c´est du businnes. Des mécènes et sponsors, restaurateurs des lieux prestigieux leur permettant par la suite d´avoir le droit d´organisation d´une soirée au Louvre et faire venir un ami à Versailles. Caste de millionaires, voire milliardaires“, s´explique-t-il. “Cela ne me dérange pas mais je n´apprécie pas particulièrement“, me donne la réponse typiquement à la française une vendeuse sinon sympathique de la boutique. “Vous savez, des hommes riches français sont derrière tout cela, ils passent de temps en temps par ici, on les connaît“, souligne un employé du château. L´exposition a prétendument coûté 2,5 millions d´euros et fut payé par Quatar.
Indigne d´être appelé l´art.
Membre de l´Académie française, historien et lauréat de plusieurs décorations sur le plan international et grande personnalité de l´inteligentsia actuelle, Marc Fumaroli, s´exprime sur cette oeuvre :
C'est le problème de l'art contemporain : tout ça ne mérite pas le nom d'art. Et on l'installe dans un lieu qui est le produit d'une tradition de toute autre nature que celle de ces objets boursiers. (...). "Le paradox le plus cruel, ajoute Pierre Wat, est le sentiment que les institutions culturelles vendent la corde sur laquel s´étrangleront plus tard : l´événement contre le regard, le présent contre la durée.
Il s´agit d´une petite communauté qui, par force d´argent, pousse son regard au nom de la diversité, de l´égalité et d´autres –ité. Elle pousse de manière macchiavélique le cerveau d´un passant ordinnaire. Celui-ci ne l´apprécie pas mais commence à se poser des questions. Comme mon client, mon pauvre, ayant pensé qu´il était déjà vieux (je lui donne 45 ans) et n´y comprennent plus rien. Poussé à la défense, on commet des erreurs, on se replie comme les escargots. Et c´est le commencement de la fin. Un cas de football peut bien illustrer ce mécanisme : Arsenal joue contre une équipe de 3ème division, gagne après quelques minutes, l´équipe adversaire est sous pression, se replie, commet des erreurs graves et perd enfin 6:0 afin de marquer un but à la fin pour l´impression moins cauchemardesque.
japonation.com
Militants de la normalité en dehors de l´échiquier
Avançons plus loin. Murakami et Koons avaient une publicité incroyable dans les unes des grands journaux et magazines français. Mes chers amis versailles ont manifesté devant le château mais l´événement ne fut relayé que dans la presse locale. Je leur dis qu´il ne faut absolument pas s´en émouvoir vu de nombreux articles déjà publiés en faveur. Ils ne vont pas se contredire le lendemain. Cela va sans le dire, cela ira encore mieux en le disant, eh oui, le fameux Talleyrand. Le choc arrive : on les qualifie d´extrême droite.
En leur annonçant que mes articles votés par la population slovaque dans le journal le plus lus sont donc assez lus et que je prépare un article sur ces expositions, ils m´ont demandé de bien vouloir le traduire en langue de Molière. Je comprends, ils sont chez eux, on les prend pour les charlots de temps en temps. Mes pauvres – ce politiquement correct a atteint en France des niveaux très élevés – ils ne peuvent plus trouver amoral l´adoption des enfants par un couple homosexuel, qualifier l´immigration de non réussie et mal gérée, en aucun cas dire que dans les banlieux non les Portuguais ou Vietnamiens brûlent des voitures mais les Arabes et Musulmans – que le philosophe Finkielkraut peu le dire.
Chez nous, l´ex-ministre de l´Intérieur et l´actuel président du parti des Démocrates Conservateurs de la Slovaquie, Mr. Palko, écrit sur son blog que 3 britanniques – selon les journaux – ont causé l´explosion tuant 10 personnes – sont 3 britanniques Arabes et Musulmans avec passeport anglais. Tout le monde lit, trouve l´info enrichissante et la vie continue. Chez vous, en France que j´aime du fond du coeur et – sans orgueil mais avec fierté je prétends que personne en Slovaquie de moins de 30 ans n´a fait plus pour elle que moi – si on le dit comme cela, c´est une révolution. J´ai participé à l´Université d´été des jeunes conservateurs et chrétiens français - on a travaillé toute la journée, soirée festive jusqu´à 4h du matin – mais à 8h quasi tous à la messe. Pour remercier de ce week-end, je les ai qualifiés de jeunes gens normaux – ces mots composés et peu utilisé en France – m´ont valu l´applaudissement équivalent à celui lors de la remise des diplômes à Bratislava devant 500 invités (discours sur la jeune inteligentsia slovaque). Ils m´ont demandé de ne pas répeter leurs fautes. Ne pas permettre le relativisme culturel, le relativisme des valeurs, de faire les statistiques, gérer l´immigration, ne pas se laisser offenser par - cela me rappelle le joli livre de Barbey d´Aurevilly – des désespérés de l´Europe occidentale. Eh oui, merci, on est encore sains mais le virus se répand de vitesse équivalente à celle de Schumacher dans ses meilleures années. Je le rappelle à mes compatriotes, nous ne pouvons pas nous endormir, il faut être agiles, frappant, sine ira et odio, donc sans haine ni violence.
http://archeologue.over-blog.com
Mes amis français me signalent de temps en temps qu´ils m´envient cette liberté oratoire. Eh oui, militée car asphyxiée pendant 40 ans, nous. Non, ne vous inquiètez pas, chers amis. 498 sur 500 citoyens de l´Europe centrale, plus précisement de la Slovaquie, ont stigmatisé ces expositions dans des lieux historiquement magiques. Et j´ose dire que les statistiques similaires suivraient de la part des Polonais, Tchèques, Roumains ou Ukrainiens. Est-on toutes et tous de l´extrême droite ? Fumaroli rappelle son expédition : "La croisade européenne que j'ai entreprise avec Paris-New York et retour, c'est de résister. Pour les langues, il faut résister au globish anglais. Pour l'art, nous avons un gigantesque patrimoine qu'on ne peut insulter par l'adjonction d'un kitsch de dixième ordre".
Je rassure enfin mes compatriotres de leur capacité et normalité au niveau de l´esprit dont ils sont toujours porteurs et il faut en être fier/s. Ni au centre, ni à gauche, ni à droite, ni lâchement comme ci comme ça. Mais de vrais valeurs traditionnelles, jamais démenties et construites sur le rocher non sur le sable. Ëtre moderne oui mais sans détruire le noyau, incarner le changement oui mais sans qu´elle mène dans des aventures, se battre pour la diversité oui mais sans asphyxier la normalité. La tradition et la normalité pourraient – en ces jours - ci – porter sa devise de l´armoirie de Paris : fluctuat nec mergitur – elles flotteront sans être submérgées!